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dimanche 17 février 2008

Nucléaire iranien: tests dans de nouvelles centrifugeuses

VIENNE - L'Iran a procédé dans ses nouvelles centrifugeuses à des tests aux fins d'enrichissement, prenant ainsi à contre-pied la demande du Conseil de sécurité de l'ONU de cesser ses activités d'enrichissement d'uranium, ont indiqué des diplomates occidentaux à Vienne.

"Ils (les Iraniens) ont commencé il y a quelques semaines. La quantité de gaz utilisé est très faible et ils ne l'ont utilisé que dans un petit nombre de centrifugeuses", a déclaré jeudi un diplomate occidental à l'AFP sous couvert d'anonymat.

"Mais nous avons la preuve qu'ils ont maintenant terminé les essais techniques et qu'ils procèdent à l'étape suivante du processus d'enrichissement" de l'uranium, a-t-il ajouté.

Les pays occidentaux, avec en tête les Etats-Unis, soupçonnent Téhéran d'utiliser ses activités d'enrichissement d'uranium pour se doter de l'arme atomique, alors que Téhéran affirme ne développer que son industrie nucléaire civile pour faire face aux besoins énergétiques de plus en plus importants du pays.

"Les Iraniens montrent ainsi le bout de leur nez et il est clair qu'ils veulent développer leurs nouvelles centrifugeuses", a souligné un autre diplomate occidental en poste à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont le siège est à Vienne.

Les tests dans les nouvelles centrifugeuses sont exactement "l'inverse" de ce que l'ONU attend de l'Iran, a pour sa part estimé un diplomate européen.

Selon ces diplomates, les nouvelles centrifugeuses dont dispose l'Iran, du type P2, ont été approvisionnées avec du gaz d'uranium pour des "tests chauds" destinés à produire de l'uranium enrichi, première étape vers une éventuelle fission nucléaire et la fabrication d'une arme atomique.

Les premiers essais effectués par l'Iran dans ces installations du type P2 n'employait pas d'hexafluorure d'uranium (UF6), nécessaire pour procéder à l'enrichissement de l'uranium.

L'an dernier, des inspecteurs de l'AIEA avaient confirmé que l'Iran disposait de 3.000 centrifugeuses de type P1 capable de produire en un an une quantité suffisante d'uranium enrichi pour fabriquer une bombe atomique. Cependant, selon les experts, ces centrifugeuses P1, installées dans le centre nucléaire de Natanz, ne tournent qu'à 10% de leur capacité.

Le directeur de l'AIEA, l'Egyptien Mohamed ElBaradei, doit publier avant la fin février un rapport très attendu sur le programme nucléaire iranien, et plusieurs pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, craignent qu'il ne soit trop favorable à Téhéran, selon des diplomates.

Ce rapport crucial, qui doit établir si l'Iran a répondu à toutes les questions sur ses activités nucléaires controversées, doit être débattu par le conseil des gouverneurs de l'AIEA, du 3 au 7 mars à Vienne, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU étudie de nouvelles sanctions.

Le 8 février, l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'AIEA, Gregory Schulte, s'était inquiété de la possible mise en route par Téhéran de la nouvelle génération de centrifugeuses P2."Tout test par l'Iran de centrifugeuses plus modernes représenterait une escalade dans le non-respect par ce pays de ses obligations de geler toute activité liée à l'enrichissement", avait-il prévenu.

Le 11 février, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui soutient que le programme nucléaire de l'Iran est strictement civil, avait, lui, réaffirmé que son pays ne bougerait "pas d'un iota".

Et le 13 février, le directeur adjoint du Renseignement américain, Thomas Fingar, a déclaré à Washington lors d'une audition au Congrès que l'Iran "continue à développer" des technologies qui pourraient rapidement servir à produire des armes nucléaires.


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