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mardi 04 mars 2008L'Iran juge "sans valeur" la nouvelle résolution de l'ONUTEHERAN - L'Iran a jugé "sans valeur" la nouvelle résolution de l'ONU lui infligeant des sanctions à cause de son programme nucléaire, et affirmé qu'elle ne le dissuadera pas de poursuivre ce dernier. La résolution est "sans valeur, inacceptable et condamnable", a dit le porte-parole de la diplomatie Mohammad Ali Hosseini, cité par l'agence Fars. Surtout, elle "n'aura aucun effet sur la détermination du peuple et du gouvernement iranien", a-t-il poursuivi. L'ambassadeur iranien à l'ONU, Mohammad Khazaee, avait donné le ton quelques minutes avant l'adoption du texte à New York lundi, en jugeant que la résolution était "complètement illégitime et illégale". La presse iranienne a fait l'impasse mardi sur le sujet, qui était absent des grands titres du journal de la télévision d'Etat, jusqu'à la réaction de M. Hosseini. Dans le texte adopté à la quasi-unanimité --14 voix pour, une abstention--, le Conseil de sécurité de l'ONU a alourdi le régime de sanctions économiques et commerciales qu'il avait mis en place à l'égard de l'Iran dans deux résolutions précédentes, en décembre 2006 (1737) et mars 2007 (1747). Pour M. Hosseini, ce texte est "contraire à l'esprit et au contenu des règlements de l'AIEA", l'Agence internationale de l'énergie atomique, et a "accru le manque de crédibilité du Conseil de sécurité des Nations Unies". Les autorités iraniennes accusent régulièrement le conseil d'être un instrument aux mains des grandes puissances. Le président de la Commission des Affaires étrangères et de la sécurité nationale, Allaedine Boroudjerdi, avait assuré un peu plus tôt mardi que la nouvelle résolution n'est "ni acceptable, ni applicable". L'Iran a toujours minimisé l'importance des sanctions que lui a imposé le Conseil dans ses résolutions, que le président Mahmoud Ahmadinejad a même été jusqu'à qualifier de "bouts de papier". Cette fois, la Russie, membre permanent du Conseil et réputée réticente à sanctionner l'Iran, a qualifié la résolution de "signal politique fort lancé à Téhéran sur la nécessité de coopérer". Pour la Chine, elle aussi perçue comme a priori opposée à des mesures trop dures, "l'objectif n'est pas de punir l'Iran, mais de pousser à la reprise du dialogue et à réactiver une nouvelle session d'efforts diplomatiques". Les Etats-Unis, quant à eux, ont vu dans ce vote la preuve que le conseil reconnaissait "la menace persistante posée par le programme nucléaire iranien". Les cinq membres permanents du Conseil (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne ont demandé au diplomate en chef de l'Union européenne, Javier Solana, de rencontrer sans tarder le négociateur du nucléaire iranien, Saïd Jalili, pour tenter de sortir de l'impasse. Trois précédentes réunions entre les deux hommes se sont achevées sur un constat d'échec. M. Boroudjerdi a semblé mettre en doute l'utilité d'une telle démarche. "Le Conseil suprême de la sécurité nationale devrait prendre une nouvelle décision concernant le mécanisme de négociations et la poursuite de l'interaction avec l'Europe", a-t-il dit. Téhéran est soupçonné par les grandes puissances de poursuivre un programme nucléaire militaire secret, ce qu'il dément fermement. Il a ignoré l'injonction, contenue dans les résolutions du Conseil de sécurité, de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium. La nouvelle résolution allonge la liste des individus et entités frappés d'un gel de leurs avoirs à l'étranger et, pour certains, d'une interdiction de voyager. Elle interdit la fourniture à l'Iran de biens sensibles à double usage (civil et militaire) et permet sous condition l'inspection du fret maritime et aérien iranien susceptible d'y contrevenir. Enfin, elle exhorte les Etats à la vigilance dans les transactions avec les banques iraniennes, notamment les banques Melli et Saderat. |
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